Un autre son de cloche...
N'hésitez pas à m'écrire !
| Mai 2012 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | |||||
| 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | ||||
| 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | ||||
| 21 | 22 | 23 | 24 | 25 | 26 | 27 | ||||
| 28 | 29 | 30 | 31 | |||||||
|
||||||||||
N'hésitez pas à m'écrire !
Deuxième coup de coeur
Les quatre compères sont de retour, quatre ans plus tard. On les attendait au tournant, intrigués de redécouvrir leurs rapports avec les femmes, leurs secrets partagés, leurs sentiments de culpabilité, leur volonté de changer et de s’améliorer. Alors, finalement, ont-ils réussi leur pari ?
Le ton est plus grave. L’auteur n’est pas tombé dans la facilité (ou la difficulté) de vouloir faire encore plus drôle que dans le film précédent en s’esquintant sur une comédie franchouillarde. Non, c’est un retour aux accents plus sentimentaux, avec de vraies remises en questions que propose Marc Esposito. Les personnages ont évolué en temps réel, quatre années d’amour et d’amitié sont donc passées sur le cœur de ces hommes attachants que l’on retrouve dès la première image, les jambes plongées dans cette même piscine, alignés comme des gamins heureux de se revoir.
Et la bonne surprise est là. On retrouve la force du premier opus : la simplicité. Celle qui offre une authenticité incroyable à l’histoire. Des plans séquences à répétition qui donnent l’impression que ce n’est pas du cinéma, que ces hommes et ces femmes sont nos amis ou nos voisins. On capte l’émotion en direct, un peu comme on recevait celle d’un Claude Sautet il y a quelques années. Les personnages gagnent encore en épaisseur avec une révérence pour le jeu des actrices qui offrent une performance de haut vol. L’alchimie fonctionne parfaitement, les parcours des uns et des autres évoluent avec cohérence. En bref, c’est une réussite.
Pari gagné, donc, pour cette « suite de », exercice particulièrement périlleux et souvent décevant. Le film vaut le détour, ne serait-ce que pour une scène de gifles (merci à Catherine Wilkening !) qui va, à coup sûr, rester dans les annales…
Réalisation Marc Esposito
Sortie le 24 Octobre
Une très bonne toile
Milos Forman est un alchimiste, il filme l’invisible. Les croyances, les folies, les certitudes, les incompréhensions. Milos Forman filme Dieu dans tous ses états, Dieu présent en toute chose, arbitre des hommes, qui invente le bien, le mal et l’art d’en jouer, qui lègue le génie et la grâce divine à un petit musicien puéril sous les yeux d’un Salieri effondré et impuissant, Dieu qui cristallise l’injustice en tous temps et en tous lieux. Dieu qui retrouve, dans « Les fantômes de Goya », le visage du Diable qu’il a souvent porté et que l’on retrouve sous les flammes de l’inquisition dans l’Espagne de la fin du XVIIIème siècle.
C’est autour de l’existence de Francisco Goya, illustre peintre espagnol, véritable témoin de son temps, que le réalisateur imagine une histoire. Celle de sa muse, Inès (remarquablement interprétée par Natalie Portman), abusivement accusée d’hérésie, emprisonnée pendant une quinzaine d’année après des aveux balbutiés sous la torture, un évènement qui va bouleverser son œuvre à jamais.
Milos Forman nous projette dans une période historiquement tourmentée, des dernières années de l’inquisition espagnole à l’invasion de l’Espagne par les troupes napoléoniennes, jusqu’à l’ultime défaite des français et la restauration de la monarchie espagnole par l’armée de Wellington. La vie de chacun des personnages du film est bousculée par l’Histoire, l’Eglise toute puissante est piétinée avant de renaître de ses cendres, l’armée décime des civils au nom de la liberté et des droits de l’homme, et Goya cherche à sauver sa muse dans les sangs mêlés, la cupidité, le mensonge et la trahison. L’ombre et la lumière mènent un combat féroce dans une fresque magnifique, filmée par un Milos Forman qui sait mieux que quiconque mêler le meilleur du cinéma français et américain.
Goya le peintre, maître dans le portrait de la douleur, de l’outrage et de l’insulte faite au corps est un témoin formidablement choisi pour raconter la réalité historique d’une des périodes les plus sombres de l’histoire espagnole. Un film parfaitement abouti.
Réalisation Milos Forman
Sortie le 25 Juillet.
L'amour toujours... ou presque
Anne est mariée à Thomas, qui a un faible pour Caroline, la jeune femme de Marc, l’ex mari d’Anne, elle-même sensible au charme de Vincent, terriblement jalousé par Lucas.
La vérité ou presque est une comédie dramatique version chorale qui parle de l’amour et du mensonge. Deux couples traversant une zone de turbulence sympathisent avec Vincent (André Dussolier), un homme étrange, à la sexualité ambiguë. Vincent, qui a appris très tôt à assumer sa différence devient le catalyseur des non-dits, des peurs et des espoirs, il sème le trouble par son comportement direct mais équivoque, en même temps qu’il rassure par l’aisance de la maturité.
Le ton est sympathique, les dialogues souvent drôles, certaines situations frôlent la comédie de boulevard mais restent légères grâce au jeu subtil des acteurs qui offrent au film une palette de couleurs et d’émotions saisissantes. François Cluzet est formidable en éternel adolescent, déterminé à passer pour plus heureux qu’il n’est. Karine Viard campe une femme active qui déborde de vulnérabilité, Dussolier, intelligent et raffiné, assume une homosexualité sans outrance sans oublier Brigitte Catillon, remarquable de cynisme et de dérision. Une très belle équipe de comédiens, donc, au service d’une histoire dans laquelle la musique est un acteur essentiel, à travers l’histoire, en fil rouge, du personnage de Pauline Anderton, une chanteuse de Jazz blanche qui connut son heure de gloire au début des années 60.
Le résultat est agréable, on passe un bon moment. Un scénario un peu lisse mais bien ficelé dans lequel Sam Karmann, le réalisateur (et acteur, dans le film) met en évidence une vérité : on peut aimer pour toujours, mais pas tout le temps…
La vérité ou presque
Réalisation Sam Karmann
Sortie le 12 Septembre
Commentaires