Un autre son de cloche...

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Mercredi 27 juin 2007 3 27 /06 /Juin /2007 18:12

Peace and rock

 

 

Joe Strummer n’est pas mort. Il est juste un mythe. Il y a, parmi ceux qui brillent au Panthéon du Rock’n roll, Jim Morrison le poète, l’ange Jeff Buckley, Joe Strummer, lui, doit être le prophète, celui qui ne cesse jamais de baisser les bras, qui croit en un monde qui sera humaniste le jour où l’indignation et la volonté collective se lèveront comme un cri contre ce que la société a osé faire ou laissé faire.

Strummer, fils de diplomate baladé de droite à gauche toute son enfance puis déposé dans un institut britannique tel un colis embarrassant, devra aussi se séparer de son frère qui se suicide très jeune. Il apprend à vivre seul. Il se construit ses rêves, provoque les rencontres, il veut devenir une rock star dans un Londres underground qui casse les codes par-dessous, sous les pavés, le rock punk explose.

Joe, construit peu à peu ce qui deviendra The Clash, un des plus stupéfiant phénomènes rock du vingtième siècle, on devra fermer Times Square un soir de concert pour éviter les émeutes mais très vite, l’idéaliste punk est rattrapé par son succès, il souffre de son statut d’idole assommé par la gloire et l’argent, la drogue détruit les amitiés puis le groupe, Strummer se rend compte qu’il a perdu son authenticité et sa rage tribale.

Jusqu’à la fin de sa vie, il ne sera pas en paix, il retrouvera ses valeurs mais avancera comme un homme triste que la maturité a éteint, la tête pleine d’idéaux déçus. Lors d’une interview  la rock star raconte qu’une bombe américaine a été lancée sur l’Irak avec l’inscription « Rock the casbah ». Il ressentira une douleur désespérée.

 

Le film de Julien Temple retrace la vie du musicien sur un mode chronologique. Images d’archives, témoignages, films d’animation métaphoriques se juxtaposent et dégagent une énergie incroyable. Ses proches racontent, sans concession, leur propre histoire, les faces d’ombre et de lumière du personnage, ses doutes, ses espoirs, la musique et les cris font trembler les murs de la salle obscure. Un bel hommage sincère et juste que Temple offre à celui qui fut son ami et presque un philosophe pour toute une génération.

 

Joe Strummer – Réal. Julien Temple

Sortie le 11 Juillet

 

Par Bénédicte Arcens - Publié dans : Cinéma
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Mercredi 27 juin 2007 3 27 /06 /Juin /2007 18:10

Usant !

 

Julie Delpy a seize ans d’âge mental. Il  aura fallu attendre son premier long métrage pour le découvrir. Une comédie d’adulescente, gavée de clichés politiques et sociaux dans lequel elle s’offre le rôle principal : une petite rebelle hystérique insupportable qui s’indigne de tout et insulte tout le monde.

Avec une naïveté manichéenne Julie Delpy explique qu’il y a des bons et des méchants, que les méchants américains c’est les républicains qui sont allés jusqu’à faire exploser leur démocratie, que les gentils français c’est les post soixante-huitard comme ses parents (les vrais dans le film) qui parlent de cul toute la journée mais qui se le lavent manifestement qu’une fois par semaine, des personnages grossiers, outranciers, presque navrants, soit disant cultivés, dans les faits plutôt adeptes du bouillon de culture.

Julie Delpy avec ses rides de la quarantaine approchante plonge la tête la première dans le cliché du chauffeur de taxi raciste, invente la pédophilie de droite (le jeune bourgeois part se faire des gamines de douze ans aux Philippines), ne se remet pas d’utiliser autant de papier toilette : les filles ça s’essuie à chaque fois que ça fait pipi donc ça déboise les forêts tropicales, croise des anciens amants dans tout les coins parce que les françaises, elles ont la cuisse libérée depuis que soixante-huit a déchiré leurs culottes, elle crie, hurle, pleure, on se demande comment son boyfriend Jack (Adam Goldberg, au demeurant excellent) fait pour la supporter, il a lui aussi, certes, quelques névroses, celles du démocrate américain, les microbes, le bio, tout ça, mais son cas est moins pathologique, juste un vrai New-Yorkais perdu dans ses réflexions humanistes. On attend qu’il lui fiche des claques pour lui remettre les idées en place, il la quittera presque. Mais non il reste. Finalement, ouf ! Qu’il se la garde !

 

Sortie le 11 Juillet

Par Bénédicte Arcens - Publié dans : Cinéma
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Mercredi 27 juin 2007 3 27 /06 /Juin /2007 18:06

Ca fait du bien là où ça fait mal

 

Impossible de passer à coté. Persépolis, prix du jury du dernier festival de Cannes, est sur toutes les langues et dans toutes les conversations inspirées. Et  pourquoi donc?

Parce que c’est un film d’animation qui loin d’être un genre nouveau est quoi qu’on en dise peu présent et peu exploité dans l’univers cinématographique d’aujourd’hui. Une animation aux traits de crayons noirs inspirée de la bande dessinée éponyme de Marjane Satrapi, qui pour l’occasion travaille avec Vincent Paronnaud, une association brillante qui offre au spectateur un film visuellement très abouti, terriblement expressif, réaliste et tendre, habité par des personnages subtils et drôles.

Parce que c’est un film sur l’Iran, un pays zoomé sur la scène internationale, qui cristallise les angoisses et les espoirs d’un monde usé de tous bords politiquement et religieusement. L’histoire récente de l’Iran, donc, contée par une petite fille, Marjane, issue d’un milieu aisé et cultivé, âgée de huit ans en 1978, dans un Téhéran qui agite déjà les signes d’une révolution prochaine qui provoquera la chute du Chah. Marjane en grandissant devient témoin de l’Histoire, ressentie par ses yeux à elle, des yeux de jeune fille en quête de liberté qui subira les premières secousses d’un abrutissant régime islamiste avant d’être envoyée en Europe par ses parents. Marjane reviendra fatiguée, sans identité, errante sur sa terre abîmée par l’intolérance et l’extrémisme.

 

L’Histoire perçue à travers le prisme de la jeunesse confère au film une naïveté et une spontanéité touchantes et permet à Marjane Satrapi d’entrouvrir la porte de l’humour avec intelligence et ingénuité. Un film original et humaniste. Un retour brillant pour le cinéma d’animation qui n’avait pas été primé à Cannes de puis Dumbo en 1947…

 

Persépolis – Sortie le 27 Juin

Par Bénédicte Arcens - Publié dans : Cinéma
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