Mardi 12 décembre 2006 2 12 /12 /2006 16:07

Un roman épais comme un livret d’église, qui tient tout juste dans ma main. Tremblante. Cent dix pages miraculeuses. Mes yeux recueillis. Un Dimanche.

 

 Courir dans les bois sans désemparer. Le livre est perché sur un petit présentoir. Sélection du moment. Il est bleu. Mat. Timide dans la masse arrogante des couvertures qui font vendre. Je l’emporte avec moi comme un cadeau fragile.

 

Je tourne les premières pages. Je m’arrête. Je respire. Je relis. Je reprends. Elle a les cheveux frisés qu’elle étouffe dans un bonnet la nuit pour aplatir. Elle rêve de la vie. Elle grandit. Elle devient secrétaire. Comme le meuble. Elle ne met plus son bonnet la nuit pour aplatir. Elle rêve de la vie.

Son chef Monsieur Léon la prend sous ses draps protecteurs. Il sait trop parler. Il veut lui apprendre à devenir. Cachée derrière son quelqu’un d’autre, elle attend.

Il s’appelle Nathan. Son évidence. Il l’emmène et la vie commence un bref instant.

 

Je ralentis le rythme de ma lecture pour ne pas en finir trop vite avec ce petit morceau de femme perdue. Je suis en état d’émerveillement devant la magie des mots, une portée lumineuse, riche, naïve et drôle qui s’élève en impromptu. Le coup de foudre prend des allures mystiques et la mort surgit des nuits prometteuses tel un Scarbo sadique.

 

Moi j’attends déjà le prochain roman de Sylvie Aymard dans le temps qui s’étire.

 

 Courir dans les bois sans désemparer – Editions Maurice Nadeau

110 pages – 14 €

Par Bénédicte Arcens - Publié dans : Littérature
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Commentaires

Tres jolie critique, ca done envie
Commentaire n°1 posté par sylvie le 14/12/2006 à 20h53
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