Indécision – Benjamin Kunkel

Publié le par Bénédicte Arcens

 

 

 

 

Benjamin Kunkel a beaucoup fait parler de lui aux USA. Diplômé de littérature anglaise à Harvard, il a travaillé comme critique littéraire au New Yorker avant de devenir l’éditeur de la revue culturelle et politique N+1. Son premier roman, salué par des auteurs comme Jay McIneray ou Joyce Carol Oates, est en cours de traduction dans de nombreux pays.

 

La couverture jaune décoiffe. On parle d’un conte philosophique et satirique. Le garçon est good looking, négligé avec justesse (photo sur le retour de la couverture pour l’appréciation). Tout se présente plutôt bien.

Dwight Wilmerding, le narrateur, habite à New York. Manhattan obviously : jeune trentenaire blasé, profil défonce, intelligent sans ambition, préoccupé par lui-même et par lui-même. Dwight se pose beaucoup de questions, se mord la queue pour trouver des réponses. Pas trop quand même parce que Dwight aime les filles, plutôt s’intéresse aux filles. Dwight est en somme un pur produit adulescent, un aboulique de la société contemporaine.

Aboulie : n.f. Absence morbide de volonté.

Indécis, perdu  dans les méandres de ses non-choix, Dwight est sauvé par un de ses amis qui lui propose l’expérimentation d’un nouveau médicament, l’Abulinix, censé le guérir de ses maux rapidement.

Il s’envole sur un coup de tête à Quito (Equateur) pour rejoindre une ancienne amie de fac. Planté dès son arrivée par sa camarade, il se retrouve en tête à tête avec sa colocataire Brigid, qu’il suit pour un parcours qui s’avèrera hallucinogène, révélateur et curatif.

 

Le roman s’articule autour de plusieurs flash back au cours desquels on découvre un personnage cynique et amusant, psychanalysé par sa sœur, intimidé par les réflexions philosophiques d’un certain Knittel, embarrassé par une officielle love affair.

 Au-delà de l’idée originale un peu éculée du post adolescent qui se cherche, Benjamin Kunkel révèle, avec Indécision, un vrai talent d’écrivain, un style brut, urbain, pouvant être minimaliste ou sophistiqué. Un sens de la construction carré, qui rappelle les blocs de la grosse pomme. Un arrière-goût malgré tout un peu fade. L’immaturité du personnage manque de piquant, la comédie politico-sociale est traitée avec facilité. Kunkel a largement les moyens d’offrir à sa plume un sujet plus goûteux.

 

 Indécision – Benjamin Kunkel

 Editions Belfond – 352 pages – 20 €

 

 

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Publié dans Littérature

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