Journal d'hirondelle-Amélie Nothomb

Publié le par Bénédicte Arcens

 On m’a donné le dernier Nothomb. Ca fait toujours plaisir le dernier Nothomb. Dans le meilleur des cas c’est plutôt bon (Les Catilinaires, Hygiène de l’assassin entre autres.), dans le pire, ça ne prend pas la tête.

Celui là ne prend pas la tête. Ca ne veut pas dire qu’il est mauvais non plus. Le problème d’Amélie Nothomb c’est qu’elle a de bonnes idées. Dès les premières pages, on attend  beaucoup de la suite. Mais voilà, Amélie Nothomb aime bien les esquisses, les histoires au coin du feu, traitées légèrement, elle nous brosse ses univers décadents et ironiques avec gourmandise et désinvolture au travers d’histoires simples et bien senties Et pourquoi pas. Heureusement que tous les romans ne s’étalent pas sur 980 pages avec le talent d’une ingénieuse monstruosité, on agoniserait d’indigestion. L’analyse est simpliste, certes, un peu complaisante aussi, mais je m’étonne de la véhémence quasi systématique avec laquelle la presse accueille les opus d’Amélie Nothomb. Il y a bien plus mauvais à récupérer dans le PLIF (entendre Paysage Littéraire Français) dont on nous vante les mérites dans le PAF.

Alors Journal d’hirondelle, de quoi ça parle ? D’un homme, qui, à la suite d’un chagrin d’amour, décide de se créer un suicide sensoriel afin d’anéantir ses émotions. Ne ressentant plus rien, il s’enfonce rapidement dans l’ennui. Une opportunité miraculeuse s’offre à lui, devenir tueur à gages. Le voilà qui flingue de sang froid, non sans une certaine jouissance liée à l’expérience du sans précédent et à la méconnaissance de ses victimes. Son rapport au sexe devient macabre, il se délecte du pouvoir qui naît de son arme. Jusqu’à cette dernière mission qui le  mènera à un journal intime de jeune fille, sa dernière victime. Et là, son univers sensoriel bascule à nouveau.

Le sujet une fois de plus est intéressant, on a l’impression qu’elle le survole, comme une bonne élève qui bâclerait sa copie. Mais la copie est amusante malgré tout. On y trouve au moins (comme toujours chez Nothomb), un ton et un propos.

 

 Journal d’Hirondelle-Amélie Nothomb

Editions Albin Michel

137 pages, 14,50 €

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Publié dans Littérature

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