Le mur des lamentations - David Abiker
Un Dimanche de mois de Novembre peut-il être souriant ? Non. Mais il peut être pire ! J’ai failli mourir de rire devant Le mur des lamentations. Une expérience follement inattendue !
Marié, deux enfants, un gros 4x4, l’ouest parisien, tout pour être heureux ! Un profil de personnage passablement ennuyeux qui s’avère génialement drôle. Pour être comblé, il manque à ce père de famille le statut essentiel, celui dans lequel se roule la société tout entière. Victime !
Le destin vient miraculeusement à son secours. Rien de tel qu’un bon cancer pour rentrer dans la cour des grands. D’abord déstabilisé par la nouvelle, le narrateur comprend qu’il peut honnêtement saisir sa chance, devenir une figure choyée enfin digne de la pitié de tous.
Avec une plume juste, rapide et joviale, David Abiker nous plonge dans une réalité absurde. Page après page, on se régale de la vision burlesque et cynique qu’il porte sur notre époque. Un humour savamment décalé, souvent incorrect (comme c’est bon !), tenu de bout en bout, nous mène à la plus ridicule des misères, notre égocentrisme. Politiques, coiffeurs, fonctionnaires, étudiants, la masse plaintive forme un mur des lamentations qui vole en éclats de rire. Un constat qui nous vient de loin, d’un ciel qui nous offre le Christ, érigé en victime suprême.
Un extrait pour le plaisir :
Je ne suis pas seul dans la chambre. Hier, en arrivant, je n’ai pas fait attention. J’ai cru que le lit d’à coté était juste chiffonné. En fait, il est occupé. A moitié. Par un type. Sans jambes. Il n’a pas de pieds non plus. Mais je ne veux pas en parler, je ne le connais pas. Il a une vingtaine d’années, les cheveux longs tressés façon Bob Marley, des petites lunettes cerclées de métal, une barbichette. Si je me permettais de le juger aux apparences, je le trouverais immédiatement antipathique.
Le mur des lamentations – David Abiker - Editions Michalon - 280 pages – 15€